| Sri Lanka: des voix s'élèvent sur le bon déroulement de la présidentielle |
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| Écrit par Amal JAYASINGHE (AFP) |
| Vendredi, 29 Janvier 2010 21:36 |
COLOMBO — Des observateurs électoraux et une association de défense des droits de l'homme se sont publiquement interrogés vendredi sur le bon déroulement de l'élection au Sri Lanka qui a reconduit le président sortant tandis que son rival conteste son échec et réclame un nouveau vote.Au terme d'une bataille acharnée qui s'est déroulée dans un climat de tension extrême, Mahinda Rajapakse, à la tête du pays depuis 2005, a été réélu avec une confortable majorité de 57,9% tandis que son principal adversaire, l'ancien chef des Armées Sarath Fonseka, a recueilli 40,1% des voix. Deux jours après les résultats officiels, l'association Asia Human Rights Commission, basée à Hong Kong, a évoqué des irrégularités de comptage ainsi qu'une utilisation abusive des ressources de l'Etat par Mahinda Rajapakse. "Très clairement, la question de savoir si le Sri Lanka est capable de mener une élection libre et juste se pose dans ce scrutin", a-t-elle déclaré dans un communiqué. "Ce n'est pas seulement le processus électoral qui pose problème. C'est aussi la question de la réception, de la préservation et du comptage des bulletins dans le bureau du commissaire (électoral) qu'il faut de toute évidence soulever", a-t-elle jugé. Sarath Fonseka a annoncé jeudi qu'il avait déposé une réclamation auprès de la commission électorale et qu'il allait demander à la Cour suprême d'annuler les élections en arguant d'irrégularités à grande échelle. "Nous avons d'ores et déjà rassemblé suffisamment de preuves de fraudes électorales sophistiquées dans des centres de dépouillement des suffrages au moment du traitement informatique des résultats", a-t-il déclaré à des journalistes. Il a accusé le président Rajapakse d'avoir "volé" 1,4 million de votes, ajoutant: "J'aurais dû être le président. Je suis le président du peuple". Le gouvernement affirme que l'élection s'est déroulée normalement mais les Etats-Unis lui ont demandé d'enquêter sur les allégations de fraudes. Rajapakse avait convoqué la présidentielle deux ans avant le terme de son mandat pour profiter de la vague de soutien qu'il a reçue après la victoire contre la rébellion séparatiste tamoule. Mais il a retrouvé sur sa route l'ex-général Fonseka, lui aussi considéré dans l'île comme l'artisan de la victoire, qui s'est présenté dans l'opposition après avoir démissionné de l'armée à l'automne, accusant Rajapakse de l'avoir soupçonné d'un coup d'Etat. Le Sri Lanka a proclamé en mai 2009 sa victoire contre les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) après trois décennies de conflit. Un groupe d'experts du Secrétariat du Commonwealth, invité à surveiller le scrutin, a pour sa part déclaré que si le jour du vote avait été "bien administré", il y avait eu un environnement pré-électoral "altéré". Il a souligné l'incapacité de la commission électorale à faire pleinement respecter la loi ainsi que l'échec de certaines institutions étatiques, comme la télévision d'Etat, à respecter les directives. Vendredi, une journaliste suisse ayant couvert l'élection a été priée de quitter l'île sous 48 heures. "Je pense que je me fais expulser pour avoir posé des questions dérangeantes pendant une conférence de presse du gouvernement", a déclaré à l'AFP Karin Wenger, journaliste à la radio publique suisse basée à New Delhi. Un ministre l'avait publiquement critiquée pour avoir interrogé les autorités sur des allégations d'irrégularités dans le scrutin. |
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